Histoire de la basilique

BasiliqueL’actuelle basilique de saint Étienne est édifiée sur le site d’une grande église byzantine. Celle-ci fut bâtie peu après 431 par Juvénal, évêque de Jérusalem, avec le concours de l’impératrice Eudocie. Le 15 mai 439, saint Cyrille, patriarche d’Alexandrie, en présida la cérémonie de dédicace. Elle fut marquée par le transfert dans le nouveau sanctuaire des reliques du premier martyr, qui reposaient depuis vingt-quatre ans dans l’église du mont Sion.

Intérieur de la basiliqueEudocie finança l’agrandissement et l’embellissement de l’édifice. Mais, ayant été avertie de sa mort prochaine, elle fit procéder à une seconde dédicace le 15 juin 460, sans attendre la fin des travaux. Lorsqu’elle décéda le 20 octobre 460, on l’ensevelit ici.

L’église byzantine était flanquée d’un monastère avec diverses dépendances. À sa tête, Eudocie avait nommé Gabriel, un moine lettré qui parlait grec, latin et syriaque. Vers 516, quelque dix mille moines s’assemblèrent dans la " vénérable maison du protomartyr Étienne ", pour défendre la doctrine du concile de Chalcédoine sur les deux natures du Christ.

Les Perses détruisirent la basilique et tous les bâtiments monastiques en 614. Une petite chapelle fut alors érigée sur un côté de l’atrium. Par la suite elle desservit une léproserie. Les Croisés la restaurèrent en 1099. Mais en 1187 ils la démolirent, pour empêcher les armées de Saladin de s’en servir comme ouvrage militaire durant leur siège de la Ville sainte.

Extérieur de la basiliqueDe nombreux témoignages du complexe du Ve siècle demeurent. Dans l’atrium, l’eau est encore tirée du puits – entouré du pavage d’origine – qui s’ouvre sur la grande citerne voûtée. Les plaques de métal sous le portique nord remplacent les pierres tombales byzantines. La seule pierre antique que l’on ait retrouvée porte l’inscription : " Tombe personnelle du diacre Nonnos Onésime, de l’église de la sainte Résurrection du Christ et de ce monastère ". Les tapis à l’intérieur de l’église recouvrent des éléments du pavement de mosaïque byzantin, aux motifs géométriques.

L’actuelle basilique fut consacrée le 13 mai 1900. Elle est desservie par des religieux dominicains. Le Père Marie-Joseph Lagrange, qui en 1890 fonda l’École Biblique et Archéologique Française, repose dans le chœur de la basilique.

fr. Luc Devillers, o.p.

Chapelle d’hiver

La chapelle d’hiver, dans laquelle on entre à droite immédiatement après avoir passé la porte qui se trouve à gauche quand on fait face au choeur, a été réaménagée il y a quelques années. Elle a été pourvue en 2006 de vitraux réalisés par un ami toulousain, Henri Guérin, dont la réputation et les oeuvres sont connues dans le monde entier.

Peintures non attribuées

Sur l’autel de la Vierge, à droite quand on fait face au choeur, se trouvent deux peintures, d’origine inconnue :

1. La première représente, selon une tradition dominicaine ancienne, saint Dominique recevant le Rosaire de la Vierge Marie. En réalité, on ne prête qu’aux riches, et l’on sait que cette tradition du Rosaire est plus tardive, et qu’elle concernait un autre dominicain, le bienheureux Alain de la Roche.

2. Le deuxième, un peu abîmée, représente Pie V priant pour la victoire contre les musulmans pendant la bataille navale de Lépante. Si le camail de Pie V est abîmé, c’est que la peinture porte encore les traces d’un projectile qui l’a touchée pendant la guerre de 1967.

Peintures d’Aubert

"Joseph Aubert fut un des peintres religieux majeurs de la période 1880-1920. Tombé aujourd’hui dans l’oubli, il nous est apparu nécessaire de l’en sortir par une analyse générale de sa vie et de son œuvre.

Né à Nantes en 1849, Aubert se sentit très tôt une vocation de peintre religieux. Élève d’Yvon puis de Cabanel, n’ayant pu concourir pour le Prix de Rome en raison de son mariage, il se spécialisa dans la peinture religieuse, et plus particulièrement dans les décors d’églises.

Désirant renouveler les thèmes bibliques, il fit trois périples au Proche-Orient entre 1892 et 1900. Les décors de Notre-Dame-des-Champs à Paris et de Notre-Dame de Besançon sont considérés comme des œuvres ayant marqué la peinture religieuse de ces années. Aubert avait acquis en 1898 le domaine de l’Ermitage dans le Doubs où il venait se reposer chaque été. Il y tenait également un atelier. Il mourut en 1924 au couvent des Fontenelles, ne laissant pas de descendance directe.

Peintre discret mais réputé auprès du clergé de son époque, chrétien pratiquant, dessinateur talentueux, bon portraitiste, Aubert fut sans doute le chaînon manquant reliant le classicisme archaïsant d’Hippolyte Flandrin au renouvellement formel de Maurice Denis. D’où la nécessité d’un catalogue raisonné qui puisse rendre compte de l’ampleur d’un travail plus éclectique qu’il n’y paraît et rendre ainsi sa place à un artiste qui avait fait de la religion sa principale confidente et muse."
 

Résumé d’une thèse de Romain Dauphin-Meunier, Joseph Aubert (1849-1924) : la vie et l’œuvre d’un peintre chrétien, soutenue en 2005 à Paris-IV Sorbonne.

Voici les peintures d’Aubert, qui surmontent les autels privés :

1. A droite quand on se trouve face à l’autel, les "saints dominicains", Dominique, Thomas d’Aquin, Catherine de Sienne, y compris Marie-Madeleine, "l’apôtre des apôtres", patronne de la province dominicaine de Toulouse

2. A gauche, les "saints locaux", Joseph, Luc, Jérôme, Catherine d’Alexandrie, patronne des philosophes.